
Hommage de la famille d’Hubert :
C’est avec tristesse que nous annonçons le décès d’Hubert George Zandstra, époux, père et grand-père adoré, et figure pionnière du développement agricole mondial. Hubert s’est éteint après une longue lutte contre la maladie de Parkinson, laissant derrière lui un héritage qui a touché des vies à travers les continents et les générations. Né à Makassar, en Indonésie, le 28 octobre 1940, Hubert a connu une enfance marquée par les déplacements pendant la Seconde Guerre mondiale, sa famille ayant enduré les épreuves des camps d’internement sous l’occupation. Ces expériences difficiles ont profondément influencé son caractère, lui inculquant une résilience, une empathie, une aversion pour la violence et une volonté de contribuer à un monde meilleur, en particulier pour les populations des pays en développement.
Son parcours l’a conduit de l’Indonésie et des Pays-Bas au Canada, où il a obtenu une licence et une maîtrise en agronomie à l’université McGill. C’est pendant ses études à McGill qu’il a rencontré Ilse, sa femme et la compagne de sa vie. Il a ensuite poursuivi ses études à l’université Cornell pour obtenir son doctorat en 1971, se concentrant sur l’influence de la chimie des sols sur le rendement et la résilience des cultures. Cela a ouvert la voie à une carrière consacrée à l’amélioration des moyens de subsistance des petits exploitants agricoles, d’abord en Colombie, où il s’est attaché à associer les agriculteurs aux décisions scientifiques et technologiques qui affectaient leurs moyens de subsistance, puis aux Philippines et au Pérou, où il a défendu une méthode interdisciplinaire et systémique dans la recherche agricole.
Hubert a occupé des postes clés au Centre de recherches pour le développement international (CRDI) au Canada, à l’Institut international de recherche sur le riz (IRRI) aux Philippines et au Centre international de la pomme de terre (CIP) au Pérou. Tout au long de sa carrière, il était dans son élément lorsqu’il mettait la main à la pâte et travaillait aux côtés des agriculteurs et de leurs familles pour trouver de nouveaux moyens d’améliorer leurs conditions de vie et leurs moyens de subsistance.
Au cours de ses 14 années à la tête du CIP, Hubert a guidé l’institution à travers une période de profonds défis et de transformations. Malgré les troubles politiques et la violente insurrection du Sentier lumineux, il est resté fidèle à son engagement dans l’amélioration de la sécurité alimentaire des communautés agricoles rurales. Sous sa direction, le CIP s’est imposé comme leader mondial dans les cultures durables de racines et tubercules, un travail qui continue aujourd’hui d’avoir un impact sur l’industrie alimentaire mondiale.
Son engagement indéfectible envers le CIP est resté intact, même après avoir vécu une expérience traumatisante en tant qu’otage lors de la crise de l’ambassade du Japon à Lima en 1996. Malgré cette épreuve, il est retourné à la tête de l’institution avec une détermination renouvelée. En reconnaissance de ses contributions exceptionnelles, il a reçu de nombreuses distinctions, notamment l’Ordre du Soleil du Pérou, la plus haute distinction civile du pays, et un doctorat honorifique de l’université de Caldas en Colombie.
Pour ceux qui le connaissaient bien, Hubert était bien plus que ses réalisations professionnelles. C’était un mari aimant, un père attentionné et un grand-père toujours prêt pour l’aventure. C’était un homme d’une gentillesse discrète. Réfléchi, mesuré et profondément présent, il attendait souvent que les autres aient parlé, et lorsqu’il prenait la parole, les gens l’écoutaient. Il choisissait ses mots avec soin. Il les accompagnait souvent d’un sourire complice et d’un rire facile et doux.
Il aimait raconter des histoires, en particulier aux enfants, sur son enfance aventureuse sous les tropiques. Il leur parlait notamment de mangues cueillies en cachette sur des arbres sans surveillance, de feux d’artifice artisanaux fabriqués à partir de salpêtre et, ce n’est peut-être pas un hasard, des punitions infligées par un oncle sévère. Ses fils se souviennent avec émotion du temps qu’il passait à construire avec eux des maquettes d’avions en balsa ou à les emmener pêcher sur les routes accidentées de la Colombie-Britannique, la voiture familiale chargée de matériel et un bateau attaché au toit de façon douteuse.
L’amour d’Hubert pour les voyages et l’aventure est resté intact tout au long de sa vie. Il aimait passer du temps à l’extérieur, se promener dans les bois ou s’arrêter lors d’une longue marche avec sa femme près du chalet en Ontario pour examiner une plante intéressante. Il abordait la vie avec un mélange de curiosité et d’appréciation des joies simples : faire voler un cerf-volant, manger des frites, déguster une glace et savourer une bière étaient toujours les bienvenus.
Hubert laisse derrière lui sa femme, Ilse, ses deux fils, Peter et André, leurs compagnes Nancy et Megan, et cinq petits-enfants, Eden, Maya, Stella, Anna Sabine et Willem. Son souvenir et son héritage resteront gravés dans leurs cœurs, ainsi que dans les champs des petits agriculteurs qui continuent de bénéficier du travail de toute sa vie.
Bulletin 79
Janvier 2026
