
Je suis entré à la Division des sciences de l’agriculture, de l’alimentation et de la nutrition (SAAN) en février 1979, après avoir obtenu un doctorat en sciences et technologies alimentaires en Nouvelle-Zélande grâce à une bourse du Commonwealth. À l’origine, j’avais été engagé pour travailler comme chargé de programme pour l’Asie dans le cadre du programme sur les systèmes de postproduction (SPP) basé à Singapour, mais, au pied levé, mon affectation a été transférée à Edmonton, en Alberta ! Arriver en février là-bas au lieu de Singapour a été un véritable test d’adaptabilité ! À l’époque, la petite équipe du SPP avait été regroupée à l’Université de l’Alberta pour élaborer une approche systémique du développement de programmes. Joe Hulse, directeur de la SAAN à ce moment-là, pensait que le personnel du programme devait travailler à proximité de ses pairs dans les universités canadiennes. En conséquence, les différents programmes de la SAAN étaient situés dans différentes universités du Canada.
En 1983, j’ai rejoint le bureau régional pour l’Amérique latine à Bogota, en Colombie et, après la fermeture de ce bureau pour des raisons de sécurité à la fin de 1989, j’ai travaillé depuis le nouveau bureau régional de Montevideo, en Uruguay. Cette période a été assez difficile, car la famille (moi-même, ma femme Maria Eugenia et notre petit garçon) a dû vivre dans un hôtel à Ottawa pendant trois mois jusqu’à ce que tout soit prêt à Bogota pour le transfert du bureau. Après quoi, nous sommes rentrés chez nous, ayant une semaine pour tout emballer et faire nos adieux. La situation était tendue : nous avions des gardes du corps jusqu’à l’embarquement dans l’avion pour le départ !
Lorsque les coupes budgétaires sont intervenues en 1990, nous sommes revenus à Ottawa. Après la réorganisation du CRDI, j’ai été le seul de l’équipe SPP à continuer, car la SAAN a été considérablement réduite et fusionnée avec la nouvelle Division environnement et ressources naturelles.
Au cours de ma carrière au CRDI, je me suis concentré sur le soutien et la mise en place de projets de recherche appliquée et de développement sur les problèmes liés aux SPP, principalement en Asie et en Amérique latine. J’ai recherché des chercheurs et les ai encouragés à travailler avec des agriculteurs et des pêcheurs et, plus tard, avec des groupes de l’industrie agroalimentaire dans le cadre de projets de recherche visant à résoudre les problèmes de leurs systèmes alimentaires afin de réduire les pertes de nourriture et d’améliorer leurs revenus. Des projets ont été soutenus pour améliorer les activités post-récolte, la transformation des aliments et le développement de l’agro-industrie et, plus tard, pour relier les agriculteurs aux marchés dans les chaînes de valeur. Cela a ensuite conduit à une expérimentation par le biais du secrétariat FoodLinks du CRDI, que j’ai dirigé et qui a soutenu la recherche sur l’amélioration et le développement des liens entre les producteurs de produits tropicaux et les entreprises alimentaires locales du secteur privé, dans les pays en développement et au Canada.
J’ai quitté le CRDI en septembre 1998, à peine moins de 20 ans après mon arrivée. J’ai été très touché par la fête d’adieu, organisée par le Centre, au cours de laquelle j’ai reçu un modèle réduit de banane dorée en tant que « grosse banane » du CRDI : une référence amusante au projet de bananes biologiques Mona Lisa, qui était à l’époque un projet phare de FoodLinks.
Je chéris le temps que j’ai passé au CRDI, ayant eu le privilège de travailler avec tant de personnes créatives dans de nombreux pays, afin d’attirer l’attention sur l’importance de prendre en compte ce qui se passe après la production ou la récolte des cultures, des animaux, des poissons et des produits forestiers : les activités post-production où les produits passent par la transformation, la commercialisation et la consommation, c’est-à-dire la chaîne de valeur. Dans de nombreux pays en développement, ces activités ont souvent été négligées par la recherche, bien qu’elles soient essentielles à la sécurité alimentaire et à la formation de revenus. J’ai été très heureux de voir pendant mon mandat un réseau agro-industriel rural de groupes techniques prendre forme dans de nombreux pays d’Amérique latine et des Caraïbes, réseau qui s’est appuyé sur les projets soutenus par le CRDI dans la région, comme moyen de partage de l’information et d’échange technique. Ce réseau fonctionne encore aujourd’hui.
Depuis lors, j’ai travaillé comme consultant pendant plusieurs années, avec des missions à long terme en Équateur et au Soudan, ainsi que sur la formulation, l’examen et l’évaluation de projets et plusieurs contrats de rédaction avec un certain nombre d’agences. J’ai également occupé un poste de direction au sein du Conseil des produits agricoles du Canada à Ottawa, dont les travaux portaient sur des systèmes alimentaires spécifiques au Canada. Pendant cette période, j’ai été invité à retourner à la FAO à Rome pour une mission de six mois afin d’examiner son portefeuille de projets d’évaluation des pertes alimentaires et d’aider à l’organisation de réunions et de projets internationaux liés aux pertes et aux déchets alimentaires. J’ai beaucoup apprécié ce travail, ainsi que la vie à Rome !
Je suis maintenant à la retraite, installé à Ottawa avec ma femme Maria Eugenia, et je vais fréquemment à New York pour rendre visite à notre fils Andrew.
Bulletin 77
Juillet 2025
