David Malone : Hommage de Rohinton Medhora

David Malone

 

David Malone a été président du Centre de recherches pour le développement international (CRDI) du Canada de 2008 à 2013.  Son mandat au CRDI n’a été qu’un segment dans l’arc d’une longue et significative carrière dans les affaires internationales.  Mais elle restait importante, car c’était une période de changements rapides au Canada et dans son monde, pas tous favorables à la vision traditionnelle pearsonienne du rôle et de la stature du Canada dans le monde.  Le mandat de David au CRDI a donc été marqué par ses capacités intellectuelles redoutables, tempérées par l’œil constant consacré à la protection de l’institution et, plus important encore, de son éthique.

David a pris très au sérieux les mots International, Développement et Recherche dans le titre.  Il a complété en 2010 son étude majeure sur la politique étrangère indienne, commencée alors qu’il était Haut-Commissaire du Canada en Inde, Does the Elephant Dance.  Il a initié et achevé une collection coéditée d’essais sur la théorie et la pratique du développement international durant son mandat au CRDI.  Bien que ce ne soit pas l’intention principale, le livre est devenu un véhicule subtil pour mettre en valeur la constellation du CRDI. Bruce Currie-Alder et moi (avec Ravi Kanbur de l’Université Cornell) étions coéditeurs, et plusieurs employés et partenaires du CRDI étaient auteurs. Le volume a figuré pendant des années sur la liste des « plus recommandés » par Oxford University Press, et ses articles sont encore cités à ce jour.

Durant son mandat, David a continué d’être un intellectuel public prolifique, présentant ses écrits et ses idées à des publications au Canada et à l’étranger. Il était généreux de son temps, surtout avec les professionnels prometteurs et brillants.  Et il a quand même réussi à continuer d’enseigner son cours de droit de l’ONU à l’Université de New York!

Malgré son immersion dans le domaine, David en haïssait la nature paroissiale, nous réprimandant (à juste titre) d’avoir trop utilisé les acronymes et le jargon d’initiés, comme s’il était normal de communiquer ainsi. Je suis toujours impressionné par la construction parfaite de ses phrases, prononcées pour la plupart de façon improvisée, lors des réunions du personnel et lors des nombreux événements publics qu’il a organisés dans nos magnifiques bureaux de la Place de la Constitution. Je doute fort que son écriture aurait pu être améliorée en passant par une révision de ChatGPT.

Compte tenu de sa nature de bourreau de travail, c’est une double tragédie qu’il n’ait pas profité longtemps de sa retraite. Mais il a parcouru une grande distance avant de choisir de s’éteindre.

Rohinton Medhora
VP, Programmes, 2002–2012

Bulletin 79
Janvier 2026